Mythe ou Mytho : le trou dans le CV

Illustration : Guillaume Hernandez / Lab Uno

Mythe ou Mytho : le trou dans le CV

Comment affronter le trou dans le CV ? Comment aborder la question de la faille temporelle ?

Si votre histoire d’année sabbatique pour élever du gruyère en Suisse ou votre escapade bucolique dans une île déserte avec Ryan Gosling fait rêver vos ami(e)s, il n’en est pas forcément de même pour les recruteurs…

Alors quand Clémence et Marianne de SoManyWays m’ont contacté pour parler de mon expérience de « trou ».  J’ai d’abord eu une envie folle de rire. Mais au final, j’étais pleinement concerné par ce problème.

Mais par quel bout prendre le sujet ? Comment aborder la problématique ? Comment en parler ?

La Genèse (changement d’ambiance, lumière tamisée et projecteur lumière blanche sur mon visage) :

Il y a 7 ans, le 16 Octobre 2009, j’ai perdu mon père d’un accident d’opération. Je rentrais en Master 2 et j’ai fait le choix de me concentrer uniquement sur mes études.

Effet Boomerang bien violent, une fois mon diplôme obtenu : j’ai sombré…

Pendant 2 ans, j’ai fait des missions par-ci par-là pour ne pas perdre la main. Puis, j’ai eu besoin de prendre du temps pour moi, pour commencer mon vrai travail de deuil. Cela a pris du temps.

Ensuite par la force des choses et des rencontres, une copine m’a rencardé sur une administration liée à l’éducation. J’ai travaillé pendant 1 an sur un poste qui ne me ressemblait pas du tout.  Mais bon, il fallait que je gagne de l’argent et une fois cette expérience (qui m’occupait pas mal l’esprit) terminée; je me suis retrouvé de nouveau face à moi-même et mes angoisses. (Ambiance Lana del Rey).

Deux ans se sont écoulés où je n’arrivais pas à postuler, ou bien très peu. Bref, ça ne pouvait plus durer. En juin 2016, je me suis dit « F*** et laissons passer l’été » (ça pourrait être une chanson de PNL).

Le Renouveau (étincelle, chorale gospel et petit claquement de doigt) :

En septembre, abordant la recherche d’emploi sous un nouvel angle et avec une nouvelle motivation venue de je ne sais où, je suis tombé sur le Work In Progress Festival.

BIM BAM BOUM : 1 semaine intense avec des associations d’aide aux transitions professionnelles qui ont fait un travail formidable. Entre les ateliers animés par SoManyWaysActiv’Action, Cojob, WorkUp et d’autres intervenants, je ne savais plus où donner de la tête. C’était tellement enrichissant et libérateur pour moi ! Enfin la recherche d’emploi ressemblait à quelque chose de fun, voire sexy (Ryan c’est le pôle emploi ou toi, faut faire un choix!). J’ai continué ma dynamique avec le programme COJOB : quatre semaines intenses avec d’autres demandeurs d’emplois formidables. J’allais au boulot chercher du boulot. Je me suis retrouvé à être dans une approche libératrice où j’ai fait le buzz malgré moi : Radio Nova, France 2 et j’ai même fait la fine bouche en refusant Zone Interdite.

Et puis tout d’un coup, SoManyWays me propose de parler de moi et de mon expérience de trou dans le CV.     

L’EPIPHANIE (faut bien que je reste dans un thème biblique) :

Les Reines mages (Clémence, Anaïs et Marianne) m’ont fait confiance avec Marie et Caro de COJOB pour parler du Trou dans le CV. Le Dalva, petit bar sympa au passage, était le lieu de nos confessions. Intimes, libératrices : nos paroles étaient plus que sincères. Les personnes avant moi avaient ce discours qui fait du bien. Sans tomber dans le cliché, elles ont su dire pourquoi ? Comment ? et surtout ne pas se justifier.

Comment pouvais-je être aussi authentique ? (Petit feu de bois)

Tout simplement en étant moi-même et en faisant confiance aux effets de mon Mojito (l’abus d’alcool est dangereux pour la santé). Je ne voulais pas rentrer dans le cliché du mec qui va faire pleurer son public.

Les 15 premières secondes, voix chevrotante, petite goutte de sueur dans le dos, je me lance. J’essaye de capter au maximum les regards des personnes présentes pour véhiculer mon message et me sentir un maximum soutenu. Faire rire à travers une étape pas facile de ma vie : heureusement que je trouve les bons mots et que je suis à l’aise grâce à mon expérience de théâtre.

Je parle de mon parcours, de ma vie, j’entre peut-être trop dans les détails mais je sais que j’en ai besoin à ce moment-là pour arriver à parler de ce fameux trou. Comment le combler auprès des recruteurs ? Pendant un entretien, je dis que je me suis investi auprès de compagnie de théâtre plus ou moins bénévolement et que j’ai eu aussi besoin de me reconstruire après un événement un peu triste. Toujours le dire avec le sourire, car les violons, les recruteurs n’aiment pas ça du tout.

Je suis quelqu’un d’empathique, je sais transmettre une émotion au bon moment. Si la personne en face de moi n’est pas réceptive, c’est que je suis tout simplement pas à même de travailler avec elle.

Entre phénomène de burn-out ou de brown-out, il est important de rappeler au monde de l’entreprise qu’on est humain. Notion réaliste mais évidente. Être dans une société, où on ne s’épanouit pas, c’est le quotidien de nombreuses personnes. Alors pourquoi ne pas montrer qui on est, dans les limites de l’intime, bien évidemment.

Le trou dans le CV, c’est un peu la métaphore d’une grande étendue d’eau avec une personne qui fait des ricochets. Ces petits sauts de cailloux, c’est les étapes de ta vie…

Alors comme le Petit Poucet, sème toi aussi tes cailloux, pour que les gens viennent à toi et que tu leur expliques ton chemin de vie. C’est important de dire que tu as voyagé, que tu as pris du temps pour construire ton avenir, que tu as réalisé quelque chose qui te tenait à cœur.

Je termine mon grand oral par une métaphore sur le fromage et les moutons (mais pourquoi je dis ça? Faut que j’arrête vraiment les métaphores). Je fais sourire et je sais que j’ai touché les personnes présentes. C’était important pour moi et salutaire. Les échanges que j’ai pu avoir m’ont permis de voir que je n’étais pas seul dans cette situation. A travers un petit jeu mis en place pendant la soirée, j’ai pu comprendre que beaucoup de personnes étaient dans le doute et qu’il fallait se battre tous ensemble à travers des méthodes alternatives qui permettent de montrer qui on est grâce à nos compétences.

Alors si toi aussi, tu as un trou dans le CV, rappelle-toi que le gruyère en a plein et que Ryan Gosling en est fan.

Je n’avais pas dit que j’arrêtais les métaphores ?

Maxime Patrault 

Ps : je suis en quête d’un emploi dans le milieu du spectacle vivant, de la communication, de l’administratif. 

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7 Flashes : Partagé dans le partage

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Résumé du spectacle : Elle, jeune street artist, fait partie d’une bande qui se retrouve dans un atelier abandonné. Un siècle plus tôt, en pleine guerre 14/18, tout l’univers intérieur d’un jeune élève des Beaux-Arts éclate soudain, et sa mémoire se cristallise en fragments lumineux. Paroles, sons, oeuvres projetées traversent le temps, témoins de ces êtres aux prises avec l’art et le fracas du monde.Rémanence… Nous voici traçant des ponts entre les combats.7 flashes pour l’histoire d’un amour.Irrationnel. Mais quel amour ne l’est pas ?

Le texte inclut des extraits de lettres de soldats de la guerre 14/18 : Auguste Ravenel, et les frères Bouchet.

Epiqueourien se prononce : Quel plaisir de tomber sur un spectacle qui parle d’art et de mémoire collective surtout quand il est bien interprété. Le texte est profond, aborde de façon très ludique et artistique le sujet de la guerre. Le lien n’est pas facile à faire quand ils changent de personnage, ce n’est pas explicitement dit et donc on peut se perdre un peu au début. Les comédiens se donnent corps et âmes dans ce spectacle qui cible les classes et j’aurais été content de pouvoir faire une sortie scolaire avec ce spectacle.

Le moment épique : La dynamique de jeu qui apporte un rythme soutenu et les silences pendant le solo de la comédienne (touchant et juste).

Le moment ou rien : Non ! Non ! Non et Non ! Ce spectacle mérite tellement de moyens supplémentaires pour proposer un véritable univers graphique. Les visuels sont pauvres, sans vie, j’aimerais vraiment une interaction entre le comédien et les panneaux. La question du street art pour le coup n’est pas assez mise en valeur visuellement. Pourquoi ne pas mettre en place un vrai travail lié au street art ? Pourquoi ne pas accentuer le numérique et le jouer interactivement pour mettre aussi en valeur les lettres ?

Le moment épicurien :  un excellent site sur le monde du graffiti dans la ville de Berlin. https://berlingraffiti.de/

Pour suivre la compagnie : http://www.compagnie-yole.com/ 

Histoire Intime d’Elephant Man : Qui est ce Fantazio ?

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Résumé du spectacle : Fantazio, seul sur scène, s’interroge et interroge le monde, soulevant des questions essentielles. Il expose ses chimères en un feu d’artifices tumultueux, et dresse un costume sur mesure à la folie ordinaire.

Epiqueourien se prononce : Pourquoi ? Comment ? Hein ? Je ne connaissais pas Fantazio et je suis mécontent de ne pas l’avoir connu avant. Mais en même temps, je suis content de ne pas l’avoir connu plus tôt. Pourquoi ? Toujours cette interrogation ! Je suis sans doute passé à côté de ce spectacle mais en même agréablement surpris d’avoir vu une performance d’acteur. Cet homme si dandy d’apparence, au physique atypique proche d’un Dupontel sans scoliose montre qu’il est un véritable OVNI entre fureur de vivre et interrogation philosophique. Je n’ai sans doute pas compris le propos mais j’ai assisté à une performance. Performance utile ? Allez savoir, les spectateurs ont fait une standing ovation tandis que j’ai applaudis pour le dernier quart d’heure riche en émotion même si je savais pas de quoi il parlait…

Le moment épique : les apartés en langue étrangère et le monologue de fin

Le moment ou rien : je ne suis pas rentré dans son univers

Le moment épicurien : Il est nécessaire de savoir faire un selfie. Voici le guide du selfie http://asiamparis.com/le-guide-du-selfie/

Mon selfie du genou bien évidemment !

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Pour suivre davantage et écouter ce monsieur qui est aussi un excellent musicien : http://latriperie.org/fantazio/

On purge bébé : Un Feydeau endiablé

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ON PURGE BEBE : un Feydeau efficace

Résumé : Une histoire vaudevillesque entre une histoire de pot de chambre, des parents, un enfant, un patron et une bonne. Que demander de mieux ? Ah oui, on doit purger bébé !

Epiqueourien se prononce : Avec Feydeau, on est jamais surpris. On sait qu’on va rire, qu’il va y’avoir des portes qui claquent et un humour bien ciselé jouant sur les mots.

La compagnie Viva propose une adaptation moderne, enlevée et surtout rythmée. Les comédiens sont très bons et les seconds rôles apportent la touche croustillante à la pièce. Le rôle principal féminin emmené par Pauline Bolcatto est tout simplement excellent. Entre une Muriel Robin des temps modernes (avant son burn-out bien sur) et une touche d’Arletty, elle propose une palette de jeu drôle et grinçante. Attention au mari qui en fait un peu trop par moment mais reste quand même très bon. Le patron et la bonne sont complémentaires et savent trouver l’attitude pour faire rire le public. L’enfant est joué par quelqu’un d’un peu plus âgé que 7 ans mais ça en fait son charme avec sa marinière Jean-Paul Gaultier et ses babillages intempestifs. Un décor simple et efficace pour allier modernité avec les costumes.

Le moment épique : Le quiproquo sur les hébrides est à mourir de rire.

Le moment ou rien : L’instant des pots de chambres qu’on fait tomber par terre est longuet.

Le  moment épicurien : Pour briller en société, il est indispensable de savoir où se situent les Hébrides.

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Toujours en société, comprendre et placer Philippe Katerine dans une conversation.

Le Lien de la Compagnie qui au passage propose un visuel moderne des affiches de ses spectacles  : http://www.compagnie-viva.fr/